“Les macronistes, ces personnes étranges qui veulent des contreparties aux aides sociales, mais qui distribuent sans condition des subventions aux grosses multinationales !" Ian BROSSAT

L'Humeur
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« Fake news » d’État

la Macronie patauge dans les mensonges

vendredi 5 avril 2019 , 199 : visites , par LDA

Une nouvelle porte-parole du gouvernement qui « assume » de mentir, la révélation d’une vidéo truquée, les dénégations d’Emmanuel Macron à propos de Geneviève Legay, d’un préfet et d’un procureur, contraint par les faits à faire volte-face... La politique du mensonge au service de la politique de la casse sociale et des institutions.

Geneviève Legay a bien été victime de la brutalité policière. Une brutalité dans la répression qui a déjà fait beaucoup trop de dégâts.

Il n’y a, dit-on parfois, que le premier pas qui coûte ». Et, pour autant qu’il fut effectivement un premier [faux] pas, pour ce qui est des mensonges, les En Marcheurs se sont mis au pas de course depuis l’affaire - à tiroirs - Benalla. Il a coulé beaucoup d’eau boueuse dans les canaux médiatiques de l’exécutif depuis la fanfaronnade du « qu’il viennent me chercher !  ». Plus aucun moyen, jusqu’au mensonge, n’est exclu par le pouvoir de l’arsenal antisocial qu’il utilise dans la bataille ultraviolente qu’il livre contre la quasi-totalité des français, pour le compte d’un quarteron de multimilliardaires sans foi ni loi. « Le type du bourgeois borné et féroce  » : jugement ‘macro-compatible’ de Clemenceau sur Thiers.

« Mentir pour protéger le président  »

Pas de quoi être rassuré en la matière, par la nomination, lors du dernier jeu de chaises musicales à Matignon, de la féale Sibeth Ndiaye comme porte-parole du gouvernement. Simple conseillère com’ de l’Élysée en 2017, elle avait annoncé la couleur en déclarant assumer « parfaitement de mentir pour protéger le président ». Les Benalla et autres barbouzes du premier cercle macronien officiaient encore à l’époque, dans l’ombre, sous les jupons de l’Élysée. Vinrent le temps des dénis, de vidéo pipeautée (d’après une énième et récente révélation)... pour tenter de refaire une virginité au conseiller spécieux, tabasseur de manifestants, et à son employeur : Emmanuel Macron. Tous les fils de «  l’affaire d’État  » n’ont probablement pas encore été détricotés, alors que les gilets jaunes ont planté le mal-être social sur les ronds-points et défilé dans nos rues. Là encore, l’intox et les manipulations - les provocations aussi - ont été des outils pour cadenasser un grand débat national, dont Macron avait fixé les tenants et les aboutissants, selon lesquels il était urgent de ne rien changer à sa politique et de faire pire.

Il avait promis de « moraliser » politique

Et dire que le candidat Macron avait promis de « moraliser » la vie politique ! Des démissions en cascade de ministres (dont le garde de Sceaux) jusqu’à l’affaire Benalla et, aujourd’hui, aux gilets jaunes et à la contestation sociale de sa politique, qui fait tache d’huile dans de nombreux secteurs, ses - bientôt - deux années de mandat auront été, sur ce point, un contre-exemple des plus navrants. Malheureusement, avec Macron le pire semble toujours à venir. Et il arrive, faute de forces sociales encore insuffisamment rassemblées. Les deux dernières ‘affaires’ en date - Geneviève Legay et Ismaël Emelien - démontrent, chacune à leur façon, à quel niveau mensonge et manipulation sont usités au sommet de l’État-Macron, instigateur - un comble ! - d’une loi anti-« fake news » sensée apurer les réseaux sociaux. Certes, les tripatouillages de « cabinets noirs » ont toujours existé au sommet des états, mais la spécificité macronienne en est que les révélations proviennent souvent « de l’intérieur  », de personnes qui y trempaient jusqu’à, semble-t-il, en avoir eu la nausée. Le pire, c’est surtout que toutes ces strates de mensonges accumulées ont érodé la confiance dans la parole institutionnelle. « Jamais la confiance n’a été aussi basse dans l’institution présidentielle, dans le gouvernement depuis dix ans, mais aussi dans les assemblées, l’exécutif évidemment », constatait le politologue Bruno Cautrès ; une « tendance extrêmement lourde  », selon lui, avec des conséquences gravissimes pour notre démocratie.

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