Recommander aux pauvres d’être économes, c’est chose à la fois grotesque et insultante. Cela revient à conseiller à un homme qui meurt de faim de manger moins.” Oscar Wilde

L'Humeur
  • DE MALICETTE
  • 19 juillet 2019
  • Ce n’est pas la planète qui est en danger, c’est l’humanité. Car en supposant que l’Homme disparaisse à force de montrer sa rage de consommer, de produire, à force d’inventions diaboliques et de bombes H, la planète continuera sa course éternelle parmi (...)

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CETA, Mercosur...

le “libre-échange” contre les peuples

vendredi 19 juillet 2019 , 372 : visites , par LDA

États, UE et multinationales travaillent dans les alcôves des ambassades et le secret des conseils d’administrations à élaborer des accords de “libreéchange” qui ont pour but de dynamiser un capitalisme à la recherche permanente de nouvelles sources de profits.

Après le traité avec le Canada (CETA) que le gouvernement veut faire voter dans quelques jours par le Parlement alors qu’il est déjà en application, voici le traité Mercosur : un marché sud-américain vaste de près de près de 300 millions d’habitants qui représente plus de 80% des richesses produites du continent. Ce type de traité n’a rien à voir avec un accord de coopération entres états. Il est conclu à partir des desiderata des grandes sociétés transnationales et sa légitimité, dès lors que les états l’acceptent, est jugée non pas dans des tribunaux internationaux sous contrôle de l’ONU mais dans des tribunaux arbitraux privés qui statuent sur la liberté du commerce et le « droit à l’investissement ». Autrement dit, il s’agit d’un transfert de souveraineté politique au profit d’un nouveau «  droit des affaires  ». L’institutionnalisation du capitalisme le plus échevelé est à l’oeuvre si le mouvement populaire ne bloque pas ce processus. Le capital a besoin de la concurrence la plus débridée et de la liberté totale de circulation des marchandises et des capitaux pour toujours pressurer le travail et exploiter la nature à sa guise. Cette circulation vise à une suraccumulation qui heurte de plein fouet les besoins sociaux, de santé, les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique et la défense de la biodiversité, tout en préparant de nouvelles crises économiques. Dans ce cadre libre-échangiste, les états sont poussés à “déréglementer”. Il leur faut ainsi détruire tout dispositif législatif national protégeant les travailleurs et l’environnement, comme s’y attelle avec tant de zèle Emmanuel Macron.

Un venin mortel à l’humanité entière

Les arguments de la Commission européenne pour faire passer la pilule du libre-échange tombent comme des châteaux de cartes. Comment garantir quelque contrôle que ce soit qui viserait à préserver les normes sanitaires et environnementales européennes, quand cet accord va permettre de jeter sur notre continent des centaines de milliers de tonnes de viande nourries en toute légalité avec l’usage de pesticides, dopées aux hormones et antibiotiques ? Par exemple.

Laisser le libre jeu du marché organiser les échanges internationaux revient à inoculer un venin mortel à l’humanité entière. La guerre économique qui en découle provoque partout des tensions, poussant à des guerres commerciales qui laissent présager des conflits militarisés, et nourrit les forces d’extrême droite. Nos députés et sénateurs doivent être placés sous pression populaire pour qu’ils ne votent l’accord avec le Canada, et réclament une commission d’étude sur les effets du projet de traité Mercosur. L’intérêt général humain et environnemental commande de créer les conditions pour que l’Union européenne refuse ces textes, et la France doit quitter la table des négociations si nécessaire. Un puissant mouvement citoyen international doit s’organiser pour empêcher l’emprise du capital sur nos sociétés et promouvoir un tout autre modèle d’échanges internationaux coopératif et respectueux des souverainetés,indexés non plus sur les besoins des multinationales mais promouvant des objectifs sociaux, démocratiques et environnementaux.

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