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La Poste

300 millions “d’économies” sur le dos des postiers

vendredi 16 août 2019 , 42 : visites , par LDA

Alors que la Caisse des Dépôts n’est pas encore l’actionnaire majoritaire, elle impose déjà ses desiderata pour plus de rentabilité. La Poste a annoncé une nouvelle coupe de 300 millions d’euros, pour 2019 et 2020, qui devrait impacter à hauteur d’un tiers la branche Services-courrier-colis.

C’est encore le personnel et le service public qui trinquent ! Alors que l’État, la Caisse des dépôts (CDC), La Poste et la Banque postale ont signé un protocole d’accord en vue de la création d’un pôle public de Bancassurance, les représentants des salarié.e.s de La Poste ont appris que 300 millions d’euros d’économies devaient rapidement être réalisées. Une mesure annoncée en conseil d’administration, fin juillet, pour satisfaire les exigences de rentabilité de la CDC, qui deviendra l’année prochaine l’actionnaire majoritaire de La Poste à la place de l’État, en montant à 66% du capital. En effet, la CDC qui detient 40,8% des parts de la CNP (et perçoit 250 millions d’euros de dividendes), suite à un jeu de chaises musicales - dit de “valorisation” -, de transferts de parts, s’estime lésée au terme de ce mic-mac capitalistique avec un niveau de dividendes moindre. Avec ce plan d’économies d’urgence, les postier.e.s ont toutes les chances de faire les frais des manoeuvres financières de la direction et des actionnaires.

Intérim et contrats précaires ont grimpé en flèche

La Poste ayant expliqué que les résultats pour 2019 seraient mauvais, comme ceux de 2018 (où elle avait tout de même réalisé un bénéfice de 798 millions d’euros), a dit avoir décidé la mise en place de ce plan d’économies (essentiellement pour 2020, mais débutant en 2019) qui concernera le siège et les structures, mais n’épargnera pas les branches. La branche Services-Courrier-Colis (BSCC) serait fortement impactée et a convenu qu’elle est concernée pour 100 millions. Affirmant économiser sur la communication, les déplacements, les séminaires, les consultants, les loyers, etc., elle se défend de réaliser ces économies sur le dos du personnel. Difficile à croire : « Ce n’est pas rien de trouver une telle somme ! Réduire les frais de structure ne suffira pas. Ça va être compliqué de ne pas toucher à la masse salariale qui représente plus de 50% des dépenses, sans compter que La Poste supprime déjà en moyenne 8 000 emplois par an. On va accentuer encore le recours à la sous-traitance  », estime Alain Bard, administrateur CGT. Alors que les « réorganisations » se sont accélérées dans la branche colis-courrier, dans la logique de privatisation et de mutation de La Poste en société anonyme à capitaux publics depuis le 1er mars 2010, outre des « efforts » demandés aux postier.e.s, l’interim et les contrats précaires ont aussi grimpé en flèche.

“Du sang et des larmes” : une promesse tenue par le Pdg de La Poste

À l’époque où il n’était encore que candidat au poste de Pdg, Philippe Wahl, présentait son programme de choc pour La Poste. Le magazine Challenge avait alors titré qu’il annonçait « du sang et des larmes » aux postier.e.s. Il a au moins tenu cette promesse. Le futur pacte d’actionnaires, présenté comme un pôle bancaire public, n’a pas vocation à s’orienter vers un autre cap que celui de la course aux profits. Plus grave, il conforte le désengagement de l’État des services publics. L’annonce de la création des “Maisons France” (guichets uniques de services « pour simplifier la relation des usagers aux services publics », et installés dans tous les cantons d’ici 2022) annoncée par le gouvernement est bien la concrétisation de ce retrait. Au lieu de cette « Bancassurance  », pourquoi ne pas mettre sur la table la question d’un vrai pôle public financier, plutôt que cette entité financière qui va se mettre en place uniquement pour concurrencer les autres banques ? Et réfléchir à conforter La Poste dans ces quatre missions de service public  : le service postal universel, la contribution à l’aménagement du territoire, la distribution de la presse et l’accessibilité bancaire.

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