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Santé

pénuries de “médocs” pour profits à gogo

vendredi 13 septembre 2019 , 67 : visites , par LDA

“Il y a et il y aura des morts”, préviennent les médecins. Ces dix dernières années, les pénuries de médicaments ont littéralement explosé. En cause, les stratégies des laboratoires pharmaceutiques qui délaissent les molécules peu rentables et délocalisent la production

Si « le phénomène n’est pas nouveau ; il connaît cependant une inquiétante amplification  », dénonçait fin 2018 un rapport du Sénat. 1 200 médicaments ou vaccins seront en ruptures de stock, selon le ministère de la Santé. «  Il faut bien comprendre qu’on ne parle pas de Doliprane ici, mais de médicament d’intérêt thérapeutique majeur (MITM)  », souligne le Pr André Grimaldi. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il explose depuis dix ans : 44 ruptures en 2008, 538 en 2017, 868 en 2018, soit vingt fois plus en vingt ans. Toutes les classes de médicaments sont désormais touchées : «  Les antibiotiques, les corticoïdes, les anticancéreux, les médicaments du système nerveux central », liste André Grimaldi.

Pénurie... sélectives, qui ne touchent que « des vieilles molécules, tombées dans le domaine public, donc jugées peu rentables pour l’industrie », explique le médecin. L’Amycétine, par exemple, coûte 98 euros l’injection à un patient. Pas de quoi plomber les comptes de la Sécu. « Les traitements innovants à 40 000 euros ne sont, eux, jamais en pénurie  », insiste-t-il. Il faut dire que les firmes pharmaceutiques sont devenues des “Big Pharma”, sous l’emprise d’actionnaires qui veulent faire remonter toujours plus de cash. «  On produit aujourd’hui un médicament comme on produit un smartphone  », déplore Gérard Raymond, président de France Assos Santé, qui regroupe des patients. À l’autre bout du monde, sans stocks, pour que ça coûte toujours moins cher… Le Leem, le lobby des entreprises du médicament, ne s’en défend d’ailleurs pas et explique que ces molécules ne sont pas assez rentables. Pas faux, mais...

Un pôle public du médicament

Mais « il ne faut pas oublier que les firmes, pour ces médicaments généricables, ont engrangé pendant trente ans des profits très importants », décode Nathalie Coutinet, économiste à l’université Paris-XIII. L’argument des laboratoires semble avoir eu l’oreille de la commission sénatoriale qui a préconisé... des augmentations du prix des médicaments et des aides fiscales pour rapatrier la production en Europe. Encore des aides fiscales aux magnats privés quand l’hôpital public, lui, est à l’os !

Leur permettre de faire davantage de profits est purement scandaleux. Faut-il rappeler que Sanofi, le laboratoire pharmaceutique français, est dans le top 3 des entreprises qui distribuent le plus de dividendes. « J’ai participé à [la mission sénatoriale], mais je n’ai pas signé son texte final, trop frileux, indique la sénatrice PCF Laurence Cohen. Car ce qu’il faut en la matière, c’est une volonté politique forte. Cela fait des années que je plaide pour la mise sur pied d’un pôle public du médicament, qui permettrait d’être moins dépendant des labos, ou pour l’utilisation de la licence d’office pour certaines molécules en tension. Mais Agnès Buzyn dit toujours non. » Situation compliquée par l’UE. Pour Alain-Michel Ceretti, de France Assos Santé, il faudrait aussi que « l’Europe parle enfin d’une seule voix face aux labos [...]. Mais les États s’y refusent [...]  ». Les laboratoires négocient les prix de leurs “produits”, flèchent leurs stocks vers les pays les plus rémunérateurs, et instrumentalisent ces pénuries comme moyen de pression pour imposer leurs nouvelles molécules.

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