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Réforme des retraites

le gouvernement joue au bonneteau

samedi 11 janvier 2020 , 66 : visites , par LDA

Les organisations syndicales ont été reçues mardi au ministère du Travail. Pour le gouvernement, il n’est pas question de dire “stop”. Le calendrier politique de la réforme, qui commence à être connu, témoigne au contraire de sa volonté de mettre les bouchées doubles.

Faire croire qu’une discussion sur le poids ou la couleur des chaînes fait une négociation ou un compromis est une funeste imposture. Le pouvoir a décidé seul de détruire le principe d’un système de retraite solidaire par répartition et il demande de débattre du niveau et des modalités de la régression sociale. Pire, ayant convoqué mardi matin les acteurs sociaux, il avait fait fuiter l’information selon laquelle la loi anti-retraite solidaire est déjà à l’examen du Conseil d’État. Raison de plus pour amplifier les mobilisations contre ce mépris gouvernemental. Cette posture rigide vise la reddition des syndicats, associations, mouvements féministes et d’une majorité de nos concitoyens pour imposer un système individualisé de retraite au rabais, pompeusement et indûment affublé d’un vernis «  universel  ». Quand plus de 300 000 hauts salaires sont appelés à faire sécession de la solidarité nationale pour aller garnir les portefeuilles des fonds de pension et ouvrir la voie à la capitalisation, le mot «  universel  » n’est que supercherie. Vient de sortir du chapeau un projet de « conférence financière  ». Autrement dit, le gouvernement présente une loi en janvier, qu’il veut faire voter en procédure accélérée ou par décret, sans parler de l’âge de départ en retraite ni du niveau des pensions, mais il présentera la facture à l’automne lors du débat sur la loi de financement de la Sécurité sociale. Celle-ci comportera évidemment… le recul de l’âge ouvrant droit à la retraite.

Une “conférence sociale”

D’ailleurs aucun ministre ne répond à cette question simple : à quel âge aura-t-on droit à la retraite et pour quel niveau de pension ? Cet enjeu est entièrement lié aux problématiques générales concernant le travail, sa rémunération, l’égalité entre les femmes et les hommes, le niveau de cotisation des employeurs sans cesse abaissé, et la contribution des revenus financiers. Ce n’est donc pas une «  conférence financière   » qu’il faut organiser mais, sans attendre, « une conférence sociale » sur l’ensemble de ces enjeux, se substituant à l’actuel projet destructeur. Elle porterait une nouvelle cohérence de progrès, pour une Sécurité sociale de haut niveau, gérée par les salariés eux-mêmes. Elle inclurait un développement industriel et agricole, le déploiement des services publics, l’impulsion de nouveaux investissements dans la transition environnementale et numérique créateurs d’emplois stables et correctement rémunérés. Tel serait le chemin de la démocratie et de la modernité. Et pour mettre le pouvoir sur cette voie, la mobilisation, comme elle l’a montré encore jeudi, doit rester sans faille.

Plus de 3 millions versés aux caisses de solidarité

Le cap des 3 millions d’euros euros de dons versés à 201 caisses de solidarité était dépassé mercredi. Un record toutes catégories qui témoigne d’un réel soutien aux mobilisations en cours, bien au-delà des grévistes eux-mêmes. « J’ai vraiment été marqué par ça, relève le sociologue Karel Yon, spécialiste du syndicalisme. Des caisses de grève de toutes sortes gagnent non seulement en visibilité grâce aux cagnottes en ligne et aux appels à soutien financier par des intellectuels et des figures médiatiques ». Les vacances de Noël étaient un cap délicat à passer pour le mouvement. Un enjeu qui a pourtant entraîné un afflux massif de dons le 20 décembre. De nouvelles initiatives naissent chaque semaine, y compris localement dans les entreprises ou de la part de municipalités comme celle, communiste, d’Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

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