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Pandémie

LE GOUVERNEMENT N’INSPIRE PAS CONFIANCE

vendredi 8 mai 2020 , 218 : visites , par LDA

L’exécutif hexagonal est celui qui provoque le plus de défiance chez ses citoyens, en comparaison des autres pays d’Europe, comme le révèle une enquête du Cevipof et d’Ipsos.

Avec la crise sanitaire, dans le cadre d’une pandémie mondiale inédite depuis un siècle, tous les gouvernements se sont retrouvés mis à l’épreuve. En l’absence de traitement et de vaccins, ils ont dû mettre en place des politiques de confinement de leurs populations ce qui a provoqué un arrêt brutal de pans entiers de l’économie mondiale. Ce type de crise est une véritable mise à l’épreuve qui fait peser sur les États, et ceux qui les gouvernent, des responsabilités historiques. Les enquêtes d’opinion sont du coup scrutées à la loupe. Les politiques menées par les différents pays d’Europe contre la pandémie de Covid-19 produisent parfois des résultats différents : moins de morts en Allemagne, avec un confinement moins sévère qu’en France… Cependant, dans les enquêtes d’opinion, la France se démarque vraiment : la confiance envers son gouvernement est très basse en comparaison de ses voisins européens, même lorsqu’ils sont très durement touchés comme en Italie.

L’Italie satisfaite de l’action de son gouvernement

Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et Ipsos-Sopra Steria ont mené des enquêtes dans plusieurs de ces pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Suède, Autriche). Les résultats sont sans appel : en France, seuls 38 % des sondés se disent satisfaits de l’action du gouvernement, 62 % se disant insatisfaits. En Allemagne, ils sont 74 % à exprimer leur satisfaction, au Royaume-Uni 61 %, 55 % en Italie, 84 % en Autriche et 70 % en Suède. Premier pays à avoir été durement frappé en Europe, l’Italie reste pourtant majoritairement satisfaite de l’action de son gouvernement face au coronavirus. La violence de l’épidémie selon les pays n’est donc pas la seule explication à cette disparité entre la France et ses voisins européens. La gestion elle-même est bien en cause. Les appels présidentiels à continuer une vie normale jusque dans les derniers jours précédant l’État d’urgence sanitaire, la pénurie et le mensonge sur les masques, les déclarations contradictoires des ministres après les interventions du président de la République, tous ces éléments jouent incontestablement en défaveur du pouvoir dans les enquêtes d’opinion. Cependant, le gouvernement français n’est pas seul à avoir commis ce genre d’erreur. En Grande-Bretagne, Boris Johnson avait au départ misé sur une hypothétique « immunité collective », évitant le confinement de la population, avant de faire machine arrière face à l’explosion du nombre de cas. Cette volte-face ne l’empêche pas d’avoir une majorité de satisfaits dans l’enquête du Cevipof et d’Ipsos. Pour comprendre la défiance à l’égard de l’exécutif français, il faut donc aussi se tourner vers d’autres explications. Avant la crise du coronavirus, le gouvernement était déjà aux prises avec son opinion publique. La France venait de traverser son plus long conflit social depuis des décennies et rejetait majoritairement la réforme des retraites. L’utilisation du 49-3 pour imposer cette loi, lors d’un Conseil des ministres pourtant consacré à l’épidémie de coronavirus, a forcément renforcé cette défiance.

Des questions sur la sortie de la crise sanitaire elle-même

Le maintien du premier tour des élections municipales à la veille de la mise en place du confinement, lors duquel le parti présidentiel LaREM a essuyé de lourds revers, a également sapé les bases de l’exécutif pour gérer la crise sanitaire en toute confiance avec les Français. Enfin, les prises de décision sans aucune consultation de l’opposition en matière de sortie du confinement n’arrangent pas les affaires du gouvernement. Au-delà de la seule question de l’avenir politique de la majorité au pouvoir, cette défiance pose aussi des questions sur la sortie de la crise sanitaire elle-même… Les difficultés liées aux réalités du terrain après sa décision de rouvrir les écoles le 11 mai l’atteste.

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