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EN BOLIVIE, LE PEUPLE DÉFEND LA DÉMOCRATIE

International

vendredi 13 novembre 2020 , 21 : visites , par LDA

En dépit des menaces de l’extrême droite, la prise de fonction du nouveau président bolivien, Luis Arce, a donné lieu, dimanche, à une extraordinaire mobilisation, après son éclatante victoire à la présidentielle du 18 octobre, avec 55 % des voix.

« pacifique et ordonnée  » Luis Arce n’a cessé d’appeler à une transition pour clore la lugubre parenthèse d’une année de violences, de saccage économique, social, démocratique. Dimanche, à La Paz, Luis Arce Catacora était officiellement investi président, avec David Choquehuanca, son vice-président, après trois semaines de menaces et de tensions entretenues par une extrême droite refusant de s’incliner devant le triomphe du Mouvement vers le socialisme (MAS) et décidée à perturber la passation de pouvoir.

Un premier signal sinistre était donné quelques jours seulement après le scrutin, le 21 octobre, lorsqu’une milice fasciste s’était violemment attaquée à Orlando Gutierrez, le secrétaire général de la Fédération syndicale des travailleurs des mines de Bolivie. Pressenti pour entrer au gouvernement, ce militant de 36 ans a finalement succombé à ses blessures, une semaine après l’agression.

La droite rejette sa défaite

Ce crime n’a rien d’un fait divers. Il s’inscrit dans un agenda revendiqué par des protagonistes du coup d’État de 2019. Le candidat d’extrême droite Luis Fernando Camacho, arrivé troisième avec 14 % des voix, n’a jamais cessé de contester la légitimité du président élu et de chauffer ses hommes de main, comme ceux de l’Unión Juvenil Cruceñista, un groupe paramilitaire qui avait tenté d’assassiner Evo Morales en 2008 et qui entretient, plus que jamais un climat de terreur, d’intimidation et de persécution des militants de gauche. Dans la région de l’Oriente, les intérêts de l’agro-industrie, la bourgeoisie n’ont jamais pardonné au MAS sa politique fiscale et son choix de nationaliser les hydrocarbures ; le Comité civique de Camacho rejette les résultats des élections, prêt à agiter, de nouveau, la bannière du séparatisme.

Dans ces réseaux d’extrême droite couvés pendant un an par l’autoproclamée présidente par intérim Jeanine Añez , les menaces se sont faites plus précises ces derniers jours, avec des appels à empêcher la tenue de la cérémonie d’investiture, voire à s’en prendre à l’intégrité physique de Luis Arce. Les paroles ont ouvert la voie aux actes : jeudi, à La Paz, une charge de dynamite a explosé aux abords de la maison de campagne du MAS où Luis Arce tenait une réunion. Attaque prise très au sérieux par les organisations ouvrières et indigènes impliquées dans le processus de changement en Bolivie : dès le lendemain, Juan Carlos Huarachi, secrétaire exécutif de la Centrale ouvrière bolivienne, appelait les travailleurs, «  sauvegarder la paix » affiliés ou non, à se rendre en masse à La Paz pour « assurer la sécurité de cet acte de transition et  ».

Dès samedi, des membres des Ponchos rouges se déployaient autour du Palacio Quemado, siège de la présidence et, toute la nuit, les militants de divers mouvements sociaux se relayaient sur la plaza Murillo, dans une ambiance de fête, pour prévenir toute manifestation de violence. À la veille de sa prise de fonction, un an tout juste après le coup d’État contre Evo Morales, le nouveau président socialiste, lui, en appelait au «  Le processus électoral s’est conclu ferme respect du verdict des urnes : par l’aval des autorités nationales et des organismes internationaux. La décision des Boliviennes et des Boliviens doit être respectée. Il est temps de reconstruire l’unité et de vivre en paix. Nous ne répondons pas aux provocations.  »

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